La magie des mots, la réalité des chiffres.

Publié le 18 Mars 2013

Dans le « Seynois » du mois de Janvier, puis dans Var matin aujourd’hui, on apprend que l’endettement de la ville est passé de 46 à 19, voire 16 annuités, comme par magie…

A son arrivée, Marc Vuillemot nous confirme qu’il manque près de 11 millions d’Euros pour boucler le budget, lors de sa première réunion publique sur les finances, en septembre 2008. Il annonce 3 mesures susceptibles de relever les finances de la ville : le port, le casino et une meilleure gestion des achats.

Or, si la chambre régionale des comptes, a relevé des améliorations dans la gestion des charges à caractère général entre 2008 et le BP 2012 (intégrant la DM n°3), elle les juge insuffisantes et note que la commune aurait intérêt à élaborer un plan de redressement pluriannuel. Parallèlement, l’augmentation permanente du personnel maintient un taux de dépense trop élevé (53% du budget de fonctionnement).

Par ailleurs, à ce jour, ni le casino, ni le port n’ont vu le jour… On peut discuter sur les raisons de ces non réalisations ou sur la volonté réelle de mener ces opérations, toujours est-il qu’elles restent des promesses, 5 ans après.

Pire, la dynamique économique qui devait se créer autour de ces réalisations, a été brisée et l’endettement qui s’était alors accru dans cette perspective, l’a été pour rien.

Pendant 5 ans, aucun objectif de développement économique, aucun cap donné pour trouver de nouvelles sources financière, on gère la commune en prélevant toujours plus d’impôts…

Et voilà que tout à coup, M.Vuillemot nous vante les vertus du partenariat public/privé notamment pour la réalisation de CPM, et relance une DSP pour le port (la même, comme il aime à plaisanter…). Mais alors, pourquoi avoir stoppé les projets précédents ? Pourquoi avoir stoppé la réalisation du parking des Esplageolles qui, au-delà de la gabegie financière, représentait (cf. la CRC), un atout majeur pour le centre ville et sa dynamique commerciale et économique ?

On peut comprendre le choix de stopper tous les investissements pour réduire la dette, on peut comprendre de s’endetter pour créer un outil économique qui rapportera à la commune, ce qu’on ne peut pas comprendre, c’est qu’en changeant de stratégie entre le début et la fin de son mandat, on est condamné à tourner en rond… et les Seynois eux, sont condamnés à la double peine : ils payent des impôts toujours plus élevés ce qui grève leur pouvoir d’achat, sans avoir pour autant les équipements et services (manque de crèches, état des routes…) qu’ils pourraient espéraient pour ce prix.

Pour finir, je reste sceptique sur la capacité de réduire la dette quand aucune nouvelle source de revenus conséquente n’est apparue dans le paysage économique de la ville, quand aucune banque ne prête plus à la ville « Nous ne parvenons pas à emprunter 2,5 millions d’euros pour réhabiliter les quais d’amarrages des yachts » ( Seynois N°39) et alors même que l’Etat et par effet mécaniques les collectivités baissent les dotations aux communes. Marc Vuillemot serait il magicien ?